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Randonnée Camille Claudel

La Seine « sauvage », juste en aval du confluent avec l’Aube. Ses bancs de sable, ses troncs qui flottent entre deux eaux, ses méandres parfois un peu carrés … C’est là que se trouve la randonnée Camille Claudel, du nom de la célèbre sculptrice qui a séjourné deux ans à Nogent sur Seine, en 1876, et y a fait ses premières armes de modelage … à 12 ans.

image010.jpg Mais ce samedi 11 mai 2019, le souvenir de Camille s’estompe, il pleut à verse, une pluie froide qui nous glace … mais ne parviendra pas à nous dissuader de prendre le départ. Ce sont donc deux yolettes de l’ACBB qui s’élancent. Tout de suite, les premières difficultés : il faut monter à bord à partir d’une plage étroite, de l’eau (froide, brrr) jusqu’à mi-mollet. Heureusement, Olivier tient le nez de l’embarcation, nous feignons de partir à contre-courant, pour mieux redresser notre course rapidement.

Et la Seine défile : 30 mètres de large, parfois 40, du courant en abondance, les arbres au ras des bords, ce n’est pas la grande dame souvent tranquille que nous fréquentons au Pont de Sèvres. Il pleut de plus en plus … Olivier (bien protégé sous sa veste de quart) nous fait faire des exercices, cela nous oblige à nous concentrer et à oublier le mauvais temps. N’empêche, l’eau froide s’insinue un peu partout !

Après une heure de navigation environ, pendant laquelle nous admirons des paysages insolites, on arrive à la zone délicate. Les bateaux de sécurité nous préviennent : « tout doux, il y a des dégâts en aval ». Et, de fait, deux yolettes sont coulées – nous découvrirons à l’arrivée qu’une d’elles est éventrée, sans doute par une grosse branche. Notre barreuse nous fait dénager, on souque dur, pas envie d’augmenter le tableau des accidentés ! Finalement, nous passons sans encombre, avec une pensée pour les camarades moins heureux, qu’on aperçoit sur la berge.

Encore une heure de navigation, ponctuée de « forcez vert », « forcez rouge » pour accompagner les méandres, et … mais que se passe-t-il ? la pluie diminue, que dis-je, elle cesse, enfin, presque ! Nous abordons une petite plage, histoire de souffler et de manger un biscuit. Le moral est bon, et avec l’éclaircie on commence à plaisanter de nos efforts.

Une troisième heure, des cygnes par-ci par-là, des myriades d’hirondelles qui viennent jouer à glisser près du bateau, quelques ponts franchis sans encombre, et l’on aperçoit, parfois masquées par les peupliers, les tours d’évaporation de la centrale électrique. On avance de plus en plus vite, est-ce la perspective de l’arrivée proche ? En tout cas, moi qui ai souvent quelques démêlés avec mon carré, j’ai l’impression d’avoir franchi un niveau, on sent le bateau qui glisse, quelle sensation ! Encore quelques kilomètres et nous voici à Nogent sur Seine, débarquement sans problème, aidés par les bénévoles du sympathique club de Nogent.

Nous retrouvons nos équipiers de l’ACBB, leur yolette, partie avant la nôtre, est arrivée … 2è de la troupe ! Mais comme on ne peut pas tout avoir, étant arrivés bien avant nous ils ont eu la pluie à peu près jusqu’au bout, et ont dû se contenter, pour toute collation, de barres de céréales flottant au fond du bateau !

Un repas bienvenu, ouf, on commence à se réchauffer. C’était un peu dur, les conditions climatiques étaient mauvaises, heureusement on avait placé une voiture près de l’arrivée avec les sacs d’affaires de rechange car les vêtements sont trempés – ils mettront 24 h à sécher - mais quel bonheur de « l’avoir faite » !

Dominique Tessier