Quand décolles-tu pour le Japon et es-tu déjà allée sur place ? Je pars le 19 juillet avec un bagage léger puisque les 3 tenues officielles nous seront fournies sur place. Les épreuves d’aviron auront lieu du 23 au 31 juillet. C’est un autre jury pour les paralympiques. Je n’y suis jamais allée mais on sait qu’il y fera très chaud.

C’est la première fois que tu es désignée arbitre aux JO. Comment se passe la sélection ? Pour être sélectionné par la FISA (aujourd’hui World Rowing) il faut avoir fait un championnat du monde junior, un championnat de monde U23 et un championnat du monde senior. Quand ces 3 cases sont cochées, on peut espérer un jour arbitrer aux JO.

Quel sera ton rôle ? On tourne pour que tous les arbitres fassent tous les postes. En principe chaque arbitre suit au moins une finale A.

Est ce qu’il y a une préparation spécifique pour les arbitres ? Avec toutes ces compétitions annulées, n’y a-t-il pas un risque de perdre la main ? Sur place, une partie de notre temps sera consacrée à des séminaires, notamment avant le début de la compétition. Il faut également suivre au moins un séminaire tous les 4 ans pour garder sa licence d’arbitre international. En 2020 il y a eu très peu de régates. Heureusement, j’ai fait un maximum de régates internationales en 2019. En 2020 seulement quelques régates régionales et le championnat de France à Gravelines en septembre, qui a été annulé à cause des conditions météo.

En plus des règles sanitaires, est-ce qu’il y aura des changements pour ces jeux ? Une innovation, une évolution dans les règles ou dans les équipements utilisés ? Il y a une volonté d’essayer de rendre notre sport plus médiatique. Au championnat du monde à Linz, la FISA a fait des essais pour améliorer l’interaction entre les athlètes et le public. Les athlètes étaient filmés dans la zone de départ et les images passaient en direct sur des écrans dans la zone d’arrivée où se trouvait le public qui pouvait réagir. Simultanément, les applaudissements du public étaient diffusés dans la zone de départ où attendaient les athlètes. Je ne sais pas si c’était concluant, mais comme on sait maintenant que les jeux se feront à huit clos, ça ne sera pas repris pour cette fois.

Tu es au Comité Directeur de la LIFA depuis 2013 et présidente de la commission des arbitres. Tu es également au Comité Directeur de la FFA depuis 2017. A la FFA, Tu fais partie de la Commission des arbitres et tu présides la Commission universitaire. Tu peux nous en parler ? C’est beaucoup de temps à passer. Pas mal de réunions et du travail administratif. Aussi beaucoup d’humain : il faut essayer de concilier tout le monde. C’est très enrichissant et ça m’aide beaucoup dans ma vie professionnelle (ndlr : M-L est directrice de projets informatiques dans une banque).
Au niveau de la commission universitaire, on a travaillé à l’organisation du 1er « U Row Challenge » le 20 mai dernier, une compétition indoor connectée qui incluait la Polynésie française. En ce moment l’autre thème de travail est le développement de l’aviron de mer universitaire.

Que dirais-tu à quelqu’un qui hésiterait à se lancer dans l’arbitrage ? Quels conseils lui donnerais-tu ? Je pense que tous les rameurs devraient faire un peu d’arbitrage. Il faut essayer ; ne pas hésiter à passer une journée de régate avec les arbitres. On peut être bénévole comme teneur de bateaux par exemple. Quand j’ai commencé, tout le monde me disait « tu n’y arriveras jamais » parce que je ne conduis pas. J’ai toujours trouvé des solutions avec les transports en commun ou je repère des hôtels et j’arrive la veille. Par exemple, pour la régate de zone à Mantes-la-Jolie fin juin (ndlr : M-L était présidente du jury), je suis partie tôt en train et j’ai profité du temps de transport pour revoir l’organisation de la journée, faire le planning des arbitres, etc. Il y a une dynamique de bénévolat très positive dans notre club, et c’est vrai aussi pour les arbitres. Je ne suis pas seule, il y a Sylviane Lourdais, Martin Formery et Armelle Balazuc qui vient de valider les 1ers modules et poursuit sa formation.

Et Paris 2024, tu y penses ? On ne peut être désigné qu’une fois dans sa vie comme arbitre officiel aux JO mais par la suite, on peut faire partie des NTO (National Technical Officials) qui sont des assistants pour le jury officiel.

Un souvenir ? Une compétition qui t’a marquée ? Plein de très bons souvenirs. Difficile de faire un choix. Ma régate préférée est le championnat d’Europe des Universités (EUSA). J’ai arbitré ce championnat à Moscou, à Coimbra (Portugal) et à Jönköping (Suède). A chaque fois c’était une ambiance formidable.

Propos recueillis par Valérie Delafosse

Si l’arbitrage vous tente, sachez que la formation se déroule selon les étapes suivantes :

  • La formation théorique par module
  • La formation sur le terrain avec des sessions de validations lors de régates locales ou régionales
  • Après 2 ans d'expérience, faire valider ses acquis sur un championnat de France
  • La formation internationale est possible à partir de 3 ans d’expérience.

Pour plus d’information, consultez la page dédiée à l'arbitrage sur le site de la LIFA