Météo France prévoit pour le dimanche matin à Château-Thierry -3°C, ressenti -6°C, 20 km/h de vent, rafales à 45 km/h, et de la neige en fin de matinée. Dans ces conditions de rêve, Christian, soucieux de ne pas imposer de souffrances inutiles aux rameuses et rameurs de Boulogne, s’en remet au vote. Le 8x+ femmes, le 4+ hommes et un skiff homme choisissent de renoncer. Seuls 4 givrés (Nolwenn et Marin en skiff, Thibault et Vincent en 2x) décident de maintenir leur participation, avec l’appui de VSN pour le transport des bateaux.
Le dimanche matin, les conditions sont au rendez-vous, le débit de la Marne ayant encore monté à 170 m3/sec. Le double part s’échauffer (sic) sur l’eau à 10h00, pour un départ vers 10h15. C’est parti pour 3 km de remonté contre le courant à 2’45 aux 500m. Ensuite, virage à la bouée (qu’on a cherché en vain, le canot de surveillance faisant a priori office de…) et descente tout schuss à 1’50 aux 500m. Au signal d'arrivée, on peine à déplier les doigts gelés, mais pas mécontents de ne s’être pris aucune berge ni aucun bateau concurrent.
Marin s’élance peu après, et s’offre le luxe d’exploser tous ses concurrents, en arrivant 12e sur 55 bateaux (dont de nombreux 4 et 8) et manquant de peu de faire un meilleur temps que nous. On aurait dû lui rappeler que les conditions étaient pourtant très défavorables pour un skiff… Nolwenn clôt le bal des bateaux de Boulogne 92, et s’attribue également la 1re place en skiff femmes. Le célèbre « Booooooulogne ! » qui ponctue habituellement les régates manquait un peu, mais on a fait de notre mieux pour l’encourager sur la fin.
Bilan des courses, on a récupéré 20 points sur le total maximal de 22 points qu’on pouvait aller chercher. Pas suffisant néanmoins pour gagner le gros lot (un skiff d’entraînement), mais impossible de rivaliser contre l’Aviron Marne & Joinville, qui alignait quatre 8x+/+ et une yolette (46,5 points).
Avis aux amateurs pour 2027, nous c’est sûr on remet ça !
Vincent Leclerc
À contre-courant sur les terres de La Fontaine.
À l’annonce d’une météo peu clémente — vent, neige, pluie, températures négatives et surtout vigilance crue — à Boulogne, beaucoup auraient préféré se retourner dans leur lit et remonter la couette jusqu’aux oreilles. Mais quatre courageux rameurs, eux, ont pris la route vers l’Est pour une course à Château-Thierry. Car le jour appartient à ceux qui se lèvent tôt… et ces quatre valeureux l’ont bien compris : ils ont été récompensés par un magnifique lever de soleil (oui, du soleil !).
Sur place, le club nous a réservé un bel accueil. La neige et la pluie semblaient être restées elles aussi au lit. Le froid, en revanche, était bien matinal, et le courant, sinueux et bouillonnant, a tenu toutes ses promesses.
Mais il en faut bien plus pour arrêter nos rameurs.
Comme le disait si bien Jean de La Fontaine : « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. »
Nos quatre compétiteurs l’ont appliqué à la lettre. Bravant le courant sur 3 kilomètres (l’équivalent d’un dénivelé positif pour des trailers), négociant un demi-tour ambigu avant une belle descente sur 3 kilomètres : Thibaut et Vincent, en double, terminent 2ᵉ, Marin remporte sa première course en skiff, Nolwenn, elle aussi en skiff, gagne sa course.
Après tant d’efforts et de courage, les rameurs ont été récompensés par une bonne soupe chaude et un repas bien mérité.
Une belle compétition, rendue possible grâce à l’aide précieuse de nos voisins de VSN, qui ont accepté de transporter nos bateaux sur leur superbe remorque, ainsi qu’aux rameurs et rameuses de VSN pour leur soutien et leur aide au ponton. Merci également à Christian pour l’organisation et les encouragements adressés à distance par les rameurs restés au chaud à Boulogne.
La morale ? Comme dans la fable Le Laboureur et ses enfants, ici Les Rameurs et le Courant, le trésor ne se trouve pas dans la facilité, mais dans l’effort.
Point d’or caché dans la Marne, mais des victoires gagnées à la force des jambes et des bras, à la chaleur du collectif.
Ramez, prenez de la peine… c’est souvent là que se cachent les plus belles récompenses.
Nolwenn